Henri Barande : Nice To Be Dead aux Beaux-Arts à Paris

Henri Barande expose peu – tous les trois ans – et compte tenu de son programme, aucune exposition n’est à prévoir en France avant 18 ans.

Henri Barande ne vend pas ses toiles, ils ne les signe pas et ne leur donne pas non plus de nom.

Henri Barande ne veut pas être filmé ou photographié et ne signe pas même un autographe.

Dans la deuxième pièce, face à un tableau je dis à Eric Corne le commissaire de l’exposition « Cette peinture est incroyable. Je veux la toucher. Je veux que Vincent en sorte. On le croirait coincé dedans.  Oui, je veux qu’il en sorte ! ». Eric Corne me répond avec un sourire que c’est là tout l’art de Barande. Il prend à témoin le tableau soigneusement placé à côté et m’explique pourquoi et comment Henri (comme il l’appelle) créé le même effet sur cette forme géométrique.

Dans la troisième et dernière pièce de l’exposition où se trouve Henri Barande, une jeune fille est coincée, figée à jamais dans un tableau un sein à l’air mais, Eric Corne me parle d’un tableau représentant un masque (qui est à la base une sculpture d’Henri), mais c’est surtout un tableau qui représente un jardin japonais qui attire mon œil.

« Voici l’artiste » dit Eric Corne. Henri Barande s’approche de nous. Il sourit timidement. Je n’ai pas le temps d’analyser si la main qui me tend est soumise ou dominatrice, si elle est chaleureuse ou froide. Je l’attrape et le félicite pour « Van Gogh ». Me voici en train de donner un nom à un tableau qui n’en a pas. Henri Barande ne semble pas m’en vouloir. Il écoute mon flux d’émotions.

Une japonaise me dit qu’elle veut un autographe. Moi aussi, j’en voudrai un. Je lui dis «  Je ne pense pas qu’il signe. Il ne signe pas ses tableaux, pourquoi signerait-il un autographe ? ». Nous n’avons rien à perdre et la japonaise lui demande. Il refuse mais accepte de faire deux  traits réunit par un point.  Avant de partir je le re-félicite pour son « Van Gogh » qui m’a complètement retournée et j’ajoute que tous ses tableaux sont bien (je ne voudrai pas le vexer et qu’il pense que je n’ai aimé qu’un seul tableau, quand ils sont tous magnifiques).

« Il est bizarre » me dit en grimaçant la japonaise quand nous partons. « Oui, il est bizarre. » Les mots d’Eric Corme résonnent dans ma tête : « Il n’expose pas. Il ne signe pas. Il ne vend pas. Aucune de ses œuvres n’explique la suivante. Il travaille les dimensions ». La voix de la japonaise me sort de ma torpeur  « Mais pourquoi ? » « Pourquoi je l’ignore. Il y a peut-être une volonté de… de… Je ne sais pas »

Depuis, je me pose la question mais, je ne peux pas y mettre de réponse. C’est cela l’art. Si vous aimez Barande, vous ne l’aimerez pas pour une signature en bas de son tableau, vous ne l’aimerez pas pour sa continuité artistique. L’art exprime ce que nous  ne pouvons pas exprimer avec des mots. Des émotions de joies, de tristesse, d’amour, de haine….Ni une signature, ni un nom, ni une année et encore moins un prix, ne doivent et peuvent influencer votre ressenti face à une œuvre.  Personne ne devrait se permettre une psychologie à deux balles surtout sur les artistes. Alors, je ne vous donnerai aucune clef sur l’exposition, sur l’œuvre de Barande ou sur Barande lui-même. Par contre, je vous invite à aller découvrir ses tableaux aux Beaux-Arts à Paris (13 quai Malaquais- métro St Germain des Prés. Ligne 4) jusqu’au 7 mai 2011.

Article : Aurélie

Visuels Oeuvres  : © H.Barande/F. Bertin

Visuels de l’exposition : © H.Barande / Marc Domage

 

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