Voici une exposition originale. Il s’agit de montrer comment vous, humains, vous nous percevez nous animaux.

On m’a tout de suite fait remarquer que j’entrais dans la forêt de Blanche-Neige. Selon mes sources, cette forêt serait terrifiante. Il semblerait que la forêt de la Conciergerie soit au moins aussi terrifiante que celle de Blanche-Neige (du moins pour les humains adultes) et qu’il soit interdit d’uriner sur ses arbres.
Me voici donc, dans ce lieu chargé d’histoire, prêt à découvrir l’exposition “Bêtes Off”. Ma truffe me titille : dois-je aller à gauche, à droite ou au milieu ? Il n’y a aucune indication et, de toute façon, je ne sais pas les lire puisque je me laisse guider par mon instinct animal et, c’est ce que vous devrez faire aussi.

Here is the end of all things (Hic terminus haeret) de Claire Morgan © Laurent Lecat/CMN
Je traverse la forêt où je croise au détour des clairières, des animaux fantasmatique et imagé tel que la licorne. J’y croise une maison recouverte de plume d’oiseau renfermant des livres symbole du savoir des humains qui leur a permis de créer des choses aussi cruelles que la bombe atomique. Puis, je croise mon ami le cheval. Mais, que lui est-il arrivé ? Il est livide et sa crinière semble dévastée. A côté de mon ami le cheval, il y a un gros rôti disposé vulgairement. Il couperait l’appétit de n’importe quel humain civilisé mais, moi Elvis, je suis carnivore (comme certains humains) et la présentation m’importe peu, ce qui compte c’est que mon met soit goûteux et destiné à l’humain à qui je laisse volontiers ma gamelle de croquettes. Ce plat ne sent rien !!! C’est un faux. Encore une façon de l’humain de convertir au végétarianisme ?

Le Tatout de Yong Ping Huang © CMN
Je continue ma promenade et voilà que je tombe sur des mouches. Ah ! Je ne les aime pas ces bêtes-là. Quand, je me couche dans mon panier pour dormir, des fois, elles viennent me bourdonner dans les oreilles m’empêchant de dormir. Elles sont enfermées dans un sablier blanc. L’humain, qui est toujours prêt à mettre un coup de tapette sur les mouches, s’insurgera probablement de les voir enfermées de la sorte. Pourtant, il n’y a rien de dramatique : l’humain enferme des oiseaux dans des cages, des chats dans des litières, des chiens dans des niches, dans ours dans des zoos… Ils me mettent même, des fois, une laisse pour me promener. Cette exposition leur fera-t-elle comprendre comme ils nous enferment pour nous posséder ?

Le temps des mouches de Erik Nussbicker © Laurent Lecat/CMN
Cette forêt est bruyante. Il y a des ombres partout et des drôles de bruits d’oiseaux. Elle est comme un labyrinthe. Il y a en a partout. Je ne sais plus où donner de la truffe.
Une vidéo retient mon attention. Elle présente un projet de maison humaine adaptée au chien. Saviez-vous que nous ne possédons pas la même vision périphérique que vous ? Difficile à imaginer quand vous nous voyez confortablement allongés dans vos lits et pourtant c’est ainsi. La vidéo vous expliquera tout.
Avant de partir des oiseaux me saluent.Probablement une façon de me remercier de ma visite. Si je faisais demi-tour les oiseaux me diraient-ils bonjour ?
Bêtes Off
A la Conciergerie
Jusqu’au 11 mars 2012.
Article : Elvis
Visuels : Voir légende